Juil
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Histoire de carouge

L’Histoire à grands pas

Texte de Brigitte Mantilleri ( 1995, Ville de Carouge)

 

516  Sigismond est couronné roi des Burgondes au centre du «Ouadruvium» qui signifie carrefour et est peut-être à l’origine du nom de Carouge.

1247  Le «Ouadruvium» sort de sa léthargie à l’ombre de Genève avec la construction de la léproserie de Saint-Nicolas-de-Ia-Maladière dans laquelle les Genevois sont soignés pendant des décennies.
1730  Carouge est un hameau savoyard de 20 maisons. La majeure partie du territoire est réservée à la culture des céréales et de la vigne, le reste étant laissé en pâturages. Les Carougeois vendent
leurs denrées à Genève et ouvrent de nombreux cabarets. La contrebande fleurit, et le fameux Mandrin, la terreur des «gabelous» du roi de France, s’arrête plusieurs fois «Au Lion d’Argent» (aujour-
d’hui «La Plage»).

1754  Le Traité de Turin du 15 juin trace une nouvelle frontière entre la République de Genève et le Royaume de Sardaigne de Charles-Emmanuel III (1730-1773) qui remplace l’enchevêtrement
des parcelles féodales. Genève acquiert une série de paroisses et renonce, entre autres, à Carouge. Les Genevois ont pris l’habitude de venir se divertir à Carouge.

En 1758, on y jouera La femme qui a raison de Voltaire. La contre-bande reprend entre Genève et la Savoie.

1772  De nombreux architectes piémontais oeuvrent à l’ « invention » de Carouge. Cinq plans régulateurs se succèdent afin de discipliner l’exubérante croissance de la cité. Victor-Amédée III (1773-1796) souhaite développer Carouge pour concurrencer Genève. Le village savoyard se transforme peu à peu en ville «sarde».

A propos de Sardaigne, l’histoire nous dit que dans le camp des vainqueurs, le duc de Savoie Victor-Amédée Il avait reçu, au Traité d’Utrecht en 1713, la couronne de Sicile qu’il échangea contre celle
de Sardaigne. Dès lors, et jusqu’à la proclamation du Royaume d’Italie en 1861, les territoires de la Maison de Savoie se nomment Royaume de Sardaigne, ou de Piémont-Sardaigne, ou encore États
sardes, avec Turin pour capitale.

1777  Des Lettres-patentes accordent à Carouge deux foires annuelles et un marché hebdomadaire. Ces Lettres-patentes ainsi que les armoiries de la ville sont représentées sur le monument de la place de l’Octroi.

1779  La cité compte 1190 habitants et 118 maisons.

1781  Carouge est zone franche et ses habitants sont exempts de service dans la Milice et des corvées pour l’entretien des chemins. Le 21 décembre de cette année paraît le premier numéro de la
Feuille d’Avis de Carouge.

1783  Les protestants sont autorisés à célébrer leur culte chez eux.
1786  Carouge devient Ville royale le 31 janvier. Victor-Amédée III accorde ce titre par Lettres-patentes. Un titre qui représente à la fois une marque d’estime et permet l’accession à l’autonomie communale.

La cité reçoit un blason: un lion, incarnation de la puissance royale couché au pied d’un arbre vigoureux, la jeune agglomération urbaine qu’il protège. Puissance de l’imagination carougeoise, le lion s’est transformé en léopard (la ville a son «Cercle du Léopard» avec ses 40 membres, et sa «Cité du Léopard» aux Moraines). Et l’arbre, un chêne en héraldique, est devenu un caroubier. Ces deux erreurs d’interprétation débusquées par les spécialistes, il n’en reste pas moins que dans les coulisses de la vie carougeoise, on tient au léopard protégeant son caroubier.

1787  Par une dérogation mémorable, le roi tolère les Juifs à Carouge alors qu’ils sont astreints à résider dans les ghettos des villes du reste du Royaume. Ils auront la liberté de culte et ne seront jamais molestés.

1788  Fondation d’une loge maçonnique.

1789  Les Carougeois, très indépendants, adoptent les idées révolutionnaires.

1792  30 octobre, Carouge est occupé par les troupes françaises et coupé de Turin. Un arrêt brusque est donné au développement de la ville. Carouge devient alors chef-lieu de district du département du Mont-Blanc, puis à partir de 1798, chef-lieu du canton du nouveau département du Léman créé lors de l’annexion de Genève par les troupes napoléoniennes.

1798  Le citoyen Herpin, commissaire des guerres, crée une fabrique de faïence fine dans l’immeuble qu’il possède dans l’actuelle rue Joseph-Girard. Le début d’une aventure marquée surtout par deux familles: les Baylon (1803-1878) et les Coppier jusqu’en 1930.

1808  La place du Marché est nivelée avec 1550 tombereaux de gravier et 32 platanes sont plantés en deux rangées.

1815  Pendant les Cent-Jours, le général français Dessaisi occupe Carouge et installe ses quartiers généraux au no 1 de la rue Saint-Victor. Le 28 juin, un boulet autrichien, pointé trop court depuis
Champel, touche l’immeuble sis au no 2 de la rue Saint-Joseph. Le même jour, le général français quitte la ville. L’impact du boulet est conservé, et une association pour la sauvegarde de la cité sarde
prend pour nom «Le Boulet» en 1975.

1816  Par le Traité de Turin du 16 mars, Carouge est incorporé au Canton de Genève avec 31 communes, certaines savoyardes d’autres françaises. Carouge, le rebelle, devient suisse. Triple exploit
politique: Louis de Montfalcon, notaire royal sous le régime sarde, maire sous le régime français, devient le premier maire d’un Carouge
suisse.

1833  Transports publics Rondeau-place Neuve: deux voituriers avec des charrettes à quatre places.

1838  Le général Dufour, dont la statue équestre se trouve au centre de la place Neuve, ouvre le premier bureau topographique fédéral au 22, rue Saint-Victor.

1862  Premier «chemin de fer américain» de Suisse sur la ligne Carouge-place Neuve. Après Paris, Liverpool et Londres, Carouge et Genève possèdent ces grandes voitures sur rail tirées par des che-
vaux. La traction hippomobile est remplacée par la vapeur dès 1878. La ligne de tramway sera électrifiée dès 1894. «Le 12» se crée aux alentours de 1900. Dans les années 30, il couvre 12 kilomètres.
Signe particulier unique au monde, la ligne du tram 12 est à la fois urbaine, suburbaine, interurbaine et internationale: elle relie les gares de Saint-Julien et d’Annemasse en traversant le canton de Genève.
1897  Enfant de la balle, Victor Canetti arrive à Carouge. Revêtu d’un tricot noir et le visage recouvert d’un masque «nègre», il est longtemps l’attraction de la Vogue de Carouge. Il reprend ainsi le rôle du «nègre de Carouge» tenu par un tireur de sable nommé Morand qui mangeait des souris, du feu et du fer durant son numéro.

1936 Les peintres Louis Uldry et Louis Cottier organisent une exposition d’artistes carougeois; c’est la création de la «Palette carouqeoise».

1958  L’ancienne plaine maraîchère de La Praille devient une grande zone industrielle gérée par la FIPA (la Fondation pour les terrains industriels de la Praille-Acacias).

1981  Inauguration du Centre musical carougeois (30, rue Vautier).

1983  Inauguration du parking de Sardaigne.           .

1986  Fêtes commémoratives du bicentenaire de l’octroi des Lettres-patentes érigeant Carouge au rang de ville. Inauguration du parking de la place de l’Octroi.

1991  Inauguration de la nouvelle école du Val d’Arve.

1993  Jumelage avec le 1 er arrondissement de Budapest. capitale de la Hongrie.Un Carouge résolument féminin: au mois d’avril, le Bureau de l’Egalité entre homme et femme genevois s’installe 2, rue de la Tannerie avec dans ses locaux, outre le Bureau, un centre de documentation Filigrane, un Espace Femmes International (EFI) et des Archives de la vie quotidienne. Carouge abrite aussi l’Inédite, la seule librairie des femmes du canton et Zoé, une maison d’édition dirigée par Marlyse Piétri. Sans oublier Mme de Récamier, la «marraine» des fameux bancs de la cité et son amie Germaine de Staël qui prête son nom au seul collège au «féminin» du canton!

1995 Inauguration du parking du Centre communal.

 

Pour en savoir plus :

Henri Tanner, Carouge, coll. Trésors de mon Pays, Éditions du Griffon.
Neuchâtel, 1957 (épuisé).

André Corboz, Invention de Carouge, 7772-7792. Payot Lausanne, Lausanne, 1968.
Raymond Zanone, Carouge: Origine du nom de ses rues, Ville de Carouge, Carouge, 1969. 2e éd. 1981.

Marc-Otto et Jean-Marc Houriet, Les faïenciers de Carouge, Skira, Genève, 1985.
Paul Guichonnet, Carouge Ville ravale, Ville de Carouge, Carouge, 1986.
Dominique Zumkeller, Des hommes, une ville: Carouge au XIXe siècle, La Ligature.
Carouge, 1986.

Leïla EI-Wakil, et al., Jean-Daniel Blavignac, 7877-7876, Ville de Carouge,
Carouge, 1990.

Pierre Baertschi et Isabelle Schmid, Carouge ville nouvelle du XVIIIe siècle,
Georg Editeur, Genève, 1989.

Ouvrage collectif, Carouge, Ville de Carouge, Carouge, 1992 (contient une bibliographie très complète)

Dictionnaire carougeois, tome 1. Ville de Carouge,  Carouge 1994

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11

Qui sommes-nous?

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C’est en 1975, alors que Carouge connaissait une vague de démolitions que plusieurs habitants se réunirent afin de constituer une Association de sauvegarde. Symboliquement et en souvenir d’une première atteinte portée le 28 juin 1815  par l’Armée autrichienne aux murs de Carouge, le nom de Boulet fut choisi.

Cet épisode se situe lors de la période napoléonienne des Cents Jours. Depuis Champel une batterie autrichienne visait le QG du général français Dessaix dans l’immeuble no 1 de la rue Saint-Victor. Mais ce tir atteint par erreur le no 2 de la rue Saint-Joseph où l’on trouve encore aujourd’hui une trace de cet événement.

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De par ses statuts, Le Boulet a vocation de se consacrer à la protection du cadre de vie, principalement urbanistique et architectural, de la Ville de Carouge et des régions avoisinantes.

Précurseur, il a suscité en 1982 l’établissement d’un plan de site, la création d’un musée communal ainsi que de multiples actions de sauvegarde. On trouvera une présentation plus complète de l’Association en pages 31 et suivantes du  Dictionnaire carougeois, tome III, édité en 2001 par la Ville de Carouge.

Soucieux de  veiller sur une qualité de vie qui fait le charme de Carouge, Le Boulet s’est engagé dans de multiples actions parmi lesquelles on citera, la sauvegarde du bâtiment du Centre musical et la conservation de l’actuelle Maison des artisans,  l’initiative Sauvons nos parcs, la sauvegarde du Pont Neuf ou encore la sauvegarde du cinéma Bio.

Aujourd’hui, alors que de nouvelles atteintes menacent notre qualité de vie et notre patrimoine, Le Boulet poursuit son action en s’élevant contre des décisions qui pourraient se révéler irréfléchies ou encore propres à détruire notre environnement.

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