Juin
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L’auberge communale

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Un patrimoine qu’on efface

L’Auberge Communale était une institution appréciée par tous dont les derniers tenanciers, soit pendant de nombreuses années Monsieur Monti, ou encore plus récemment Monsieur Dosso partageaient la vie carougeoise. On allait, souvent le dimanche, dans cet établissement avec sa salle à manger caractéristique décorée par des peintures murales aux motifs historiques. Il y régnait une ambiance bon enfant, à l’image d’une Auberge traditionnelle. Réalisés par l’artiste Joseph Falquet sur des cartons de Louis Cottier, ces éléments de décor formant une série s’identifiaient au caractère d’une Auberge communale. Souvent, lors de visites guidées, les guides s’arrêtaient là pour commenter l’histoire de notre ville.

On y trouvait une toile avec le Roi Victor-Amé,  une vue de l’arbre de la liberté sur la place du Marché en 1792, une vue du passage de Napoléon à Carouge, etc.

Aujourd’hui la leçon d’histoire s’est envolée dans les étages  et les escaliers pour répondre à la demande « commerciale » du nouvel exploitant, qui sans racines locales, n’a visiblement pas saisi  la valeur de  cet ensemble. En lieu et place il a  procédé dans la salle principale du restaurant à la pose de porte-manteaux  auxquels s’adossent des sofas, ce qui en dit long sur l’intérêt porté à ces toiles retraçant la mémoire de notre cité. Les Services communaux et nos édiles ont laissé faire de façon bien incompréhensible, peut-être par ignorance ou encore par complaisance pour un nouveau style d’établissement plus commercial. Lorsque l’on sait que l’Auberge communale appartient à la Ville de Carouge qui est le bailleur du tenancier de l’établissement, on ne peut que regretter cette situation. Une situation qui confine à l’absurde lorsque l’on constate que certaines toiles se retrouvent derrière  un comptoir ou encore dans  d’étroits couloirs sans prospects.

Au vu de cette situation, on peut légitimement se demander si cette série de toiles ne devrait pas, par souci de conservation et de mise en valeur, être enlevée de l’Auberge pour être exposée regroupée dans un  bâtiment communal, tel la Maison Delafontaine.

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