Mai
11

Mobilier urbain

Vieux-Canal

La création d’une zone piétonne sur un segment de la rue Saint-Joseph et une partie de la place du Marché a mis en évidence la question des revêtements de sol. En effet, dans le cadre des transformations intervenues il y a quelques années lors de la création du projet mur-à-mur mis en œuvre à la rue Jacques-Dalphin, sur une partie de la rue de la Filature ainsi que sur les esplanades de l’église Sainte-Croix et du Temple, un choix de revêtements excluant les matériaux dits « nobles » telle que la pierre naturelle et privilégiant des éléments en béton lavé et en bitume avait été effectué.

A cette démarche qui se voulait délibérément « tendance » s’est ajouté le choix peu heureux d’un mobilier urbain fait de poteaux métalliques en grand nombre ainsi que la pose généralisée de pots à fleurs en matière synthétique ou en béton.

Les Promenades 1957 extraitCes interventions ont eu pour résultat un effet d’ensemble peu en rapport avec le caractère traditionnel de Carouge. Beaucoup de Carougeois ont à cette occasion regretté la dépose systématiques des bornes en marbre de Thoiry qui protégeaient  les parvis de l’église et du temple. Seuls quatre bancs Récamier traditionnels ont été maintenus en place. Personne ne sait où lesdites bornes ont été récupérées, celles-ci ayant disparu du dépôt des services delà voirie où elles auraient logiquement dû être stockées.

Depuis lors, cette démarche d’altération du mobilier urbain caractéristique s’est poursuivie à travers des choix de mobilier urbain effectués par des services municipaux. Peu sensibles à la valeur de ce mobilier urbain caractéristiques, ces services ont choisi récemment des modèles de bornes rétractables peu intégrées et clignotantes, ceci en surnombre. C’est de justesse que l’installation de nouveaux bancs semi-circulaires et massifs a pu provisoirement être évitée en contrebas de la place du Marché où ils n’ont rien à faire dans la configuration néo-classique de cette magnifique place. En bref, beaucoup de Carougeois sont dépités de constater que le mauvais-goût et l’ignorance ont commencé à envahir des lieux privilégiés de notre Centre historique que d’aucuns croyaient pouvoir considérer comme des icônes intouchables.
Le constat est qu’aujourd’hui une réflexion à ce sujet s’impose. Car, au cours du temps à l’évidence, la fonction d’usage des voiries et places carougeoises a varié. A l’origine, et pour des raisons évidentes, ce sont des pavages qui supportaient le passage des carrioles et diligences tirées par des chevaux. Avec l’apparition des automobiles, de l’asphalte puis de bitume, de même que par la création de trottoirs, la ville s’est trouvée dotée de voiries dans la configuration actuelle qui comporte une emprise largement monopolisée par le stationnement et la circulation de véhicules automobiles.

 

place deSardaigne pavageL’idée et la volonté de récupérer une partie de ces espaces pour privilégier une animation urbaine à usage piétonnier avec création d’espaces de marché, de stands d’animation divers ou encore de braderies et de terrasses de restaurants est dans l’esprit du temps dans une civilisation qui privilégie les loisirs. On trouve des exemples de ce type dans nombre de petites cités, non seulement dans notre pays, mais encore en France voisine, par exemple à Chambéry ou Annecy.
Un tel projet implique en premier lieu la participation des habitants les premiers concernés, soit les habitants du Centre de Carouge. Pour la plupart, nous ne voulons pas que notre Centre historique dépérisse par des mesures qui entraveraient une accessibilité aux commerces et nous ne voulons pas le retour d’animations nocturnes génératrices de nuisances inacceptables pour les riverains telles que la généralisation de bottelons.
En considérant l’évolution récente et les choix effectués dans les villes qui ont fait le choix de créer en tout ou partie des zones piétonnes dans leur centre, nous constatons que toutes ont opté pour la pose de pavages incluant de la pierre naturelle. Il y a de multiples raisons de bon-sens à ce choix. Premièrement les pavés ou les dallettes en pierres naturelles créent une continuité avec les façades des immeubles anciens qui tous possèdent des encadrements en pierres naturelles. Tel est le cas à Carouge dont les pierres dures sont généralement en calcaires. Deuxièmement les pierres dures offrent une résistance à l’usure exceptionnelle et sans comparaison avec les bordures en béton. Il suffit pour s’en persuader de constater l’état de dégradation des bordures en béton récentes des parvis de l’église et du temple. Troisièmement, il reste possible de jouer sur des effets de composition de matériaux en juxtaposant les dallettes, les pavés et d’autres types de revêtements bitumineux ou non. C’est du reste ce principe qui avait été retenu lors de la construction du parking souterrain de la place de Sardaigne il y a maintenant quelques années.

Comme on le voit, à l’heure où des décisions importantes sont à prendre en matière de pavages et de revêtements de sol à Carouge au cours des années à venir, il est temps d’infléchir des choix peu heureux pour, en concertation, faire enfin les bons choix.

Zone piétonne

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